Hokkaïdo Dreams, le film d’un ski-trip ultime au Japon

Hokkaïdo Dreams est plus qu’un film de ski. C’est un récit d’aventure qui entremêle culture, performance et esthétisme. Un voyage qui enchevêtre le destin de deux légendes du ski freeride : Aymar Navarro, l’Espagnol, et Léo Slemett, le Chamoniard. Deux hommes à la texture rare, que la montagne a façonnés. Deux amis qui se ressemblent autant que leur style de ski s’oppose. Ces athlètes – certainement parmi les plus beaux palmarès du Freeride World Tour – sont également des esthètes. Ils aiment l’adrénaline de la compétition, mais aussi les endorphines propres aux longues expéditions en montagne. Partageant une attirance commune pour le Japon, ils partent ensemble, pour un ski-trip ultime, sur Hokkaïdo, la plus septentrionale des 4 îles qui composent le Pays du Soleil Levant. Une excursion quasi polaire, menée dans un froid extrême, envisagée, aussi, comme une opportunité pour tester, éprouver et améliorer les gants chauffants et chaussettes chauffantes Therm-ic.
Léo Slemett et Aymar Navarro racontent dans un film sobre, artistique et touchant, leur rencontre avec le « Graal » du ski freeride. Découvrez dans cet article Hokkaïdo Dreams* et ses images à couper le souffle, à regarder en apnée tellement il y a de poudreuse !
*Hokkaïdo Dreams est un film produit par JProd, et réalisés par Jaime Varela & Ander Ordono
« Hokkaïdo Dreams est plus qu’un film de ski. C’est un récit d’aventure qui entremêle culture, performance et esthétisme. »
« Une excursion quasi polaire, menée dans un froid extrême, envisagée comme une opportunité pour tester, éprouver et améliorer les gants chauffants et chaussettes chauffantes Therm-ic. »
Hokkaïdo Dreams est un film qui raconte le ski-trip ultime, entre potes, au pays du Soleil-Levant. D’où surgit cette envie ? As-tu toujours nourri une attirance pour la culture Japonaise ?
Plus qu’attiré, j’ai toujours été intrigué par le Japon. C’est un peuple qui a connu de nombreuses tragédies – les séismes, l’accident nucléaire de Fukushima – mais qui est toujours resté digne face à la fatalité. J’étais surpris de ne jamais voir les gens pleurer. C’est la raison pour laquelle cette culture m’a toujours interrogé. J’ai eu la chance de la découvrir lors d’une étape du Freeride World Tour ‘Qualifier’. J’étais heureux d’avoir l’opportunité d’y chercher l’apaisement, alors que je traversais une période compliquée. J’y ai fait la rencontre du ‘shinto’, une culture à part, basé sur le respect de l’humain et de la nature. J’ai aussi décelé les subtilités de cette terre pleine de contrastes. Le Japon est un mont Fuji des paradoxes : ils vénèrent des forêts sacrées, et dans le même temps, tuent des baleines.
Comment décrirais-tu le rapport des Japonais avec le ski et la neige ? Y-a-t-il un véritable décalage culturel avec les Alpes de ce point de vue-là ?
Au Japon, la vision et l’écosystème du ski sont assez ‘old school’. Ils bénéficient toujours des infrastructures héritées des Jeux Olympiques d’hiver qu’ils ont organisé il y a plus de 25 ans. Les cadrages de piste sont à l’ancienne, tout comme l’éducation du ski, peu moderne. Les forfaits de ski ressemblent à ce que nous avions chez nous dans les années 1990. Lorsque j’évolue là-bas, j’ai l’impression de jouer à ‘Nagano 98’, sur la première Playstation. On pourrait s’imaginer un pays à la pointe de la technologie, et pourtant, le soir, tu dors sur des futons traditionnels. Les Japonais démontrent également un très fort respect du cadre. Ils sont très à cheval sur les règles, alors qu’ici, l’anarchie s’installe instantanément dès lors qu’il y a un peu de poudreuse. Enfin, la culture du snowboard est bien plus ancrée que celle du ski, et notamment du ski freeride, très peu pratiqué, malgré les conditions exceptionnelles que les montagnes peuvent offrir. C’est véritablement ce qui m’a le plus impressionné sur place : les quantités astronomiques astronomique. Je n’ai jamais vu autant de neige de ma vie. Le Japon, c’est le ‘Graal’.
Dans les Alpes, nous sortons d’hivers très pauvres en neige. Là-bas, avez-vous été reçus par des conditions fidèles à la légende, avec une poudreuse abondante ? Quelles sont les principales différences que tu as pu noter entre nos montagnes et les leurs ?
Nous n’avons clairement pas été déçus ! Les chutes de neige étaient fidèles à la légende, en phase avec les images dont je rêvais, et que je pouvais avoir en tête lorsque les anciens nous parlaient des hivers historiques en termes de cumul dans la vallée de Chamonix. Nos montagnes sont plus raides, plus abruptes, plus hautes et plus reculées dans le territoire. Ici le climat est plus océanique : les perturbations viennent du large et s’amassent au niveau des montagnes les plus proches. Cela donne des quantités de neige astronomiques. De la neige d’une qualité rare : grâce au froid, parfois extrême, elle reste très légère et souple !
« Le Japon est un mont Fuji des paradoxes : ils vénèrent des forêts sacrées, et dans le même temps, tuent des baleines. »
Peux-tu nous raconter la genèse du projet ? Quand et pourquoi a germé l’envie de ce ski-trip au Japon ? Quel message souhaitiez-vous faire passer ?
Aymar est à l’initiative de ce ski-trip à Hokkaïdo. Ce projet lui tenait à cœur car il a noué un attachement particulier à cette terre qu’il visite régulièrement, hiver comme été. Il m’a proposé de l’accompagner car nous entretenons une amitié qui dure depuis nos premières compétitions sur le Freeride World Tour. Nous avions l’envie de partager une aventure. Une fois entendus sur le « où » et le « quand », il nous restait à déterminer le « pourquoi », l’histoire que nous souhaitions raconter. Naturellement, nous nous sommes alignés sur une démarche esthétique et culturelle. Nous voulions retranscrire dans ce film le folklore et les traditions locales, dans lesquels tu n’as pas le temps de t’immerger lorsque tu es en compétition. Porter un regard curieux et sensible sur ce qui nous entourais, sur les skis, mais pas uniquement.
Peux-tu nous donner les détails de ce ski-trip ? Combien de temps avez-vous passé sur place et comment l’avez-vous occupé ?
Nous sommes partis en janvier 2024. Le ski-trip a duré 15 jours, dont 10 jours de ski à proprement parler. Notre approche se voulait très large, dans l’idée de mettre toutes nos compétences à exécution. Nous avons donc entamé notre voyage dans la station de Furano, afin de profiter des remontées mécaniques et jouer. C’était le mot-clé : le jeu, dans la poudreuse, avec les arbres ! Nous avons ensuite effectué l’ascension d’un volcan en ski de randonnée. C’était hyper sauvage. Tu prends rapidement conscience que si ça se passe mal, il sera très difficile d’être secouru. Il faisait extrêmement froid – près de -30°C – ce qui nous a dissuadé de bivouaquer, mais pas de kiffer : on s’est envoyé un énorme couloir de poudreuse ! Enfin, nous avons terminé l’aventure du côté d’Asahidake, une station comparable à La Grave, exclusivement dédiée au freeride, avec un seul et unique téléphérique qui t’amène au sommet ! C’est là que nous avons déniché ‘l’Octopus Tree’, cet arbre avec lequel je m’amuse dans le film, et ces paravalanches que je rêvais de skier depuis tout petit !
Dans le film, vous assumez, avec Aymar Navarro, une vision et un style très différents : comment les décrirais-tu pour chacun de vous 2 ? En quoi sont-ils complémentaires ?
Notre philosophie et notre vision sont très similaires ; nos personnalités matchent bien : on rigole beaucoup ; mais notre style de ski se veut très différent. Et c’est ce qui rend le projet hyper intéressant ! Aymar propose un ski freeride très pur, basé sur les fondamentaux de la discipline, droit dans la pente, très ‘Big mountain’. Pour ma part, je suis plus polyvalent, avec une touche plus freestyle. Je tente plus de figures. C’est ce qui nous permet de skier ensemble sans se faire de l’ombre : il est rare que, sur une même face, nous soyons attirés par la même ligne, ce qui est un risque lorsqu’on s’aventure avec des skieurs qui partagent la même ADN. Aussi, au-delà de cette différence de style, nous nous sommes retrouvés sur la volonté de donner une approche holistique à nos ski-trips. Nous envisageons tous les 2 le ski comme le moyen d’aller à la rencontre d’une culture et d’une nature qui nous sont étrangères, ou mieux, inconnues.
« Nous voulions retranscrire dans ce film le folklore et les traditions locales, dans lesquels tu n’as pas le temps de t’immerger lorsque tu es en compétition. »
Vous semblez avoir affronté un froid extrême. Comment avez-vous-géré cet aspect ?
L’idée était de choisir une destination qui nous permette d’éprouver le matériel Therm-ic dans les conditions les plus extrêmes possibles. Au Japon, nous n’avons pas été déçus, avec des températures avoisinant les -30 °C. Les gants chauffants et les chaussettes chauffantes ont parfaitement répondu ! Ils nous ont permis d’enchaîner les journées de ski avec un maximum de confort, malgré le froid extrême. Ne pas lutter contre le froid, c’est un cercle vertueux du plaisir et de la performance : tu laisses moins d’énergie dans ce combat pour avoir chaud, tu es moins fatigué, tu es plus lucide, et donc plus juste dans ton ski !
As-tu des conseils à prodiguer pour ne pas avoir froid lorsque l’on fait du ski freeride ?
Je vois 3 conseils principaux pour lutter contre le froid. Tout d’abord, bien s’alimenter car en luttant contre le froid, tu tapes forcément dans les graisses. Au Japon, on remplissait nos poches de petits onigiris, des triangles de riz garnis d’à peu près tout ce que tu veux ! Ensuite, bien gérer ses batteries de ses gants ou chaussettes chauffantes afin de les utiliser uniquement lorsque l’on juge cela nécessaire, pour les économiser et les faire durer un maximum dans le temps. Enfin, garder en tête que le but est de ne pas transpirer ! L’humidité est le pire ennemi du confort en montagne. Donc, pour cela, trouver un système de couches vestimentaires qui permette d’avoir ni trop chaud ni trop froid !
Les gants chauffants de ski ‘Freeride Ultra Heat’ : « Ils sont ma garantie de ne pas avoir froid aux mains, et donc de passer une belle journée en montagne. Ils ont également une dimension sécuritaire : si un accident survient, on peut les utiliser pour réchauffer le blessé. Enfin, j’apprécie leur cuir, bien résistant, qui les rend imperméables au vent et à l’humidité ! »
Les chaussettes chauffantes de ski ‘Powersocks Heat Fusion’ : « De tous mes voyages – pour des projets de film ou des compétitions – je retiens qu’il est impossible d’anticiper le type de neige et de froid que l’on va retrouver en montagne. Ces chaussettes chauffantes offrent alors une sécurité mentale car tu accèdes à la conviction, grâce au fil de chaleur, que tu peux parer toutes les éventualités ! Une bonne chaussette de ski, c’est une chaussette de ski respirante qui fait que tu oublies tes pieds, au sens où ils ne sont plus une préoccupation : tu peux te concentrer uniquement sur ton ski ! »
« L’idée était de choisir une destination qui nous permette d’éprouver le matériel Therm-ic dans les conditions les plus extrêmes possibles. »
Aymar Navarro, binôme de Léo Slemett, freeskieur à l’origine du projet :
« Hokkaïdo Dreams est un projet aspirationnel au sens où notre volonté est de pousser les spectateurs à croire en leurs rêves, car ceux-ci valent le coup. L’île d’Hokkaïdo est l’endroit sur terre qui reçoit le plus de neige : y poser ses spatules est un ‘Graal’ pour tous les freeriders. Cette aventure est documentée par Jaime, à travers une démarche très cinématographique, afin de valoriser la dimension sportive mais également l’aspect culturel de ce ski-trip. Ces deux semaines en immersion dans la dureté de l’hiver japonais furent en tout point mémorables. D’abord, parce que nous avons partagé des moments incroyables de complicité avec Léo, un ami proche. Nous nous côtoyons depuis près de 10 ans sur le Freeride World Tour. Il n’y a pas meilleur coéquipier que lui pour ce genre de voyage. Ensuite, parce que les conditions de neige ont dépassé nos espérances. Enfin, parce que le choc culturel avec les Japonais nous a servi d’électrochoc. Leur calme, leur méticulosité et leur respect des traditions offrent un contraste saisissant avec la société dans laquelle nous vivons : nous sommes repartis du Japon totalement apaisés ! »